25 juillet : Saint Jacques le Majeur
Jacques le Majeur, apôtre, était le fils de Zébédée et de Marie Salomé. Frère de Saint-Jean l'évangéliste, il fut l'un des premiers à répondre à l'appel du Christ. Lorsque celui-ci demanda aux apôtres de répandre la "bonne parole" à travers toutes les nations, Jacques se serait vu confier la lourde tâche de convertir les peuplades Celtibères (la future Espagne). De retour en Palestine, Jacques obtient de nombreuses conversions dont l'une des plus célèbres n'est autre que celle du magicien Hermogène.
Il ne faut pas le confondre avec Jacques le mineur, fils de Marie, la femme de Cléophas.
Furieux du succès grandissant des prédications de l'apôtre, les juifs le firent arrêter et conduire, la corde au cou, auprès du roi Hérode Agrippa Ier. Aussitôt, le roi des juifs condamne à mort le valeureux apôtre.
Sur le chemin du Martyr, Jacques guérit un paralytique qui implorait son pardon. A la vue de ce miracle, Josias, qui tenait la corde le liant au saint, se jette à ses pieds et lui demande de le baptiser ; ce que l'apôtre réalise de bonne grâce. Mais les deux hommes furent ensuite décapités en 42 ou 44 après JC. Le corps du saint fut jeter au delà des murs de Jérusalem et livré en pâture aux chiens et aux rapaces. Mais les compagnons de l'apôtre veillaient : recueillant sa dépouille, ils la déposent dans une barque. Voguant au grès des flots et des courants, guidée par un ange ou la main de Dieu (selon les différentes légendes), la barque traverse la Méditerranée, passe le détroit de Gibraltar et, sept jours plus tard, s'échoue sur les côtes de Galice, près du port d'Iria.
LA DECOUVERTE DU TOMBEAU DE SAINT-JACQUES
Les premiers écrits relatant la découverte du tombeau de l'apôtre datent de 1077[On ne croit plus aujourd'hui qu'Isidore de Séville ait été le premier à répandre l'idée de saint Jacques en évangélisateur de l'Hispanie. S'il apparaît, en effet, dans son traité De ortu et obitu Patrum (Sur la naissance et le décès des Pères, que Jacques le Majeur "a répandu la lumière de sa prédication sur le Couchant de l'univers", cette addition serait tardive, pour apporter un témoignage ancien NDE, sur la base du livre de Jacques Fontaine, Isidore de Séville Genèse et originalité de la culture hispanique au temps des Wisigoths, Brepols, 2000. Le premier écrit à ce sujet semble être le Beatus de Liébana] . Vers 810-813, l'ermite Pélagius [Pélage, Pelayo, NDE] est le témoin de phénomènes surnaturels et reçoit, en songe, la révélation du lieu du tombeau de Saint-Jacques. Après s'être confié à l'évêque Théodomir, les deux hommes partent à sa recherche guidé par une étoile mystérieuse. Le champ où gît le tombeau prend le nom de "campus stellae" (champ de l'étoile), qui deviendra ensuite "Compostelle". Pelagius et Théodomir découvrent une tombe ou repose trois sarcophages. Pour Théodomir, pas de doute : il s'agit des sépultures de l'apôtre Jacques et de ses deux compagnons Athenase et Théodore, dont on avait perdu le souvenir depuis des siècles. La nouvelle fait grand bruit au royaume des Asturies et de Galice. Le roi Alphonse II (789-842) fait édifier aussitôt une église sur ce "campus stellae". La dévotion prend très vite de l'ampleur et les foules se déplacent en pèlerinage pour rendre hommage à l'apôtre du Christ. La renommée du sanctuaire de Compostelle gagne peu à peu toute la chrétienté.
"Santiago de Compostela" connaît un tel succès dans la seconde moitié du IXème siècle [témoignage vers 865 du martyrologe d'Usuard, NDE], qu'il faut édifier une nouvelle église, consacrée en l'an 899. Le siège épiscopal est transféré à Compostelle.
LE PELERINAGE A TRAVERS LES SIECLES
Depuis plus de 1000 ans, Compostelle est l'ultime étape de millions de pèlerins soucieux de vénérer le tombeau de Saint-Jacques. Ces marcheurs de la foi ont si bien marqué l'histoire qu'ils sont passés à la prospérité sous le nom de " Jaquets ".
De la moitié du XIème au XIVème siècle, le pèlerinage de Compostelle vit son apogée :les chemins de Saint-Jacques se dessinent peu à peu à travers toute l'Europe. Eglises et chapelles sortent de terre, des monastères et hôpitaux accueillent les pèlerins sur les routes du pèlerinage…
"Les fidèles marchant vers Saint-Jacques-de-Compostelle...étaient munis de documents certifiant l'authenticité de leur statut ("credencial"), et portaient les signes distinctifs du pèlerin : le large chapeau, la pèlerine (large cape), le bourdon (grand bâton), la musette (sac) et la calebasse (gourde), sans oublier la coquille Saint-Jacques."
"La légende dit qu’un chevalier jacquot a voulu traverser le bras de la rivière à Padron. Comme il s’enlisait, des coquilles Saint-Jacques lui firent un pont et il fut sauvé. Il est dit "qu’on mérite sa coquille quand on arrive à Compostelle"."
"Emblème spécifique du pèlerin, le jacquet ne pouvait acquérir la fameuse coquille qu'au terme de son pèlerinage à Compostelle. Cousue ensuite sur le chapeau ou la besace, la coquille symbolisait l'accomplissement du pèlerinage, la récompense suprême. Elle perdit, hélas, son caractère sacré au fil des siècles à cause des faux pèlerins, les "Coquillards "
"Les pèlerins ne portent pas, à l’origine, de vêtements caractéristiques. Mais petit à petit, le costume va se fixer et devenir le signe distinctif du jacquet, lui servir de "sauf-conduit", lui donner droit à la charité des hospices et des fidèles. Le pèlerin est vêtu d’une robe, que l’on appelle aussi une cotte, serrée à la taille. Par dessus, il a un surcot avec un capuchon, ouvert devant. Au XVe siècle, le collet du chaperon s’élargit et devient une sorte de cape, la pèlerine.
Les hommes portent un chapeau de feutre à larges bords qui protégeait à la fois du soleil et de la pluie, les femmes une guimpe. Ils sont chaussés de sandales ou de brodequins mais certains (ou beaucoup ?) vont pieds nus.
Les deux accessoires essentiels sont la besace, sorte de sacoche de cuir qui se porte en sautoir (l’escharpe). L’autre accessoire est le bourdon, gros bâton de 2 mètres de haut environ. Au-dessus de l’endroit de la prise en main, il y a un ou deux renflements où est attachée la gourde, sorte de courge évidée et séchée, nommée aussi calebasse, dans laquelle les pèlerins mettent en réserve les rations supplémentaires de vin fournies par certains hôpitaux. On s’appuie sur le bâton quand on est fatigué mais il peut éventuellement servir à se défendre si l’on est attaqué, soit par des hommes, soit par des animaux."
Après avoir connu son heure de gloire, le pèlerinage à Compostelle subit un sérieux "coup de frein " aux XIV et XVème siècles : Les batailles incessantes entre Français et Anglais durant la guerre de Cent Ans rendaient les chemins particulièrement dangereux.
LES MOTIVATIONS DES JACQUETS
Elles apparaissent fort diverses : il s'agit parfois d'un pèlerinage-pénitence pour le rachat des pêchés graves. Le pèlerinage à Compostelle s'effectuait parfois à la suite de l'accomplissement d'un voeu : une guérison par exemple. Le goût de l'aventure guidait également certains pèlerins. L'état d'esprit qui animait la majorité des pèlerins s'explique avant tout par l'immense ferveur dont jouissait Compostelle ; toucher le tombeau d'un apôtre du Christ rapproche de Dieu. C'est une foi ardente et profonde qui guidait les Jacquets sur les chemins. De retour au pays, c'est un homme nouveau qui imposait le respect et faisait l'admiration de tous.
Sources :
http://www.perigouse.com/FICHESPDF/HISTOIRE%20DE%20COMPOSTELLE.pdf
http://www.encyclopedie-universelle.com/histoire-saint-jacques-compostelle.html
http://ultreia.pagesperso-orange.fr/compostelle.htm
