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Publié le July 06, 2012

6 juillet : Exécution de St Thomas More

6 juillet : Exécution de St Thomas More
6 juillet : Exécution de St Thomas More

«Un homme tel que, depuis des siècles, le soleil n'en a pas vu de plus loyal, de plus franc, de plus dévoué, de plus sage.» ÉRASME

Né en 1478, mort en 1535, More a vécu à une époque charnière du second millénaire. Il en est à la fois le milieu, en ce sens qu’il en réunit les contraires, et le sommet en ce sens qu’il s’élève au-dessus d’eux pour dessiner la figure humaine la plus achevée qui fut, entre l’an mil et l’an deux mille de la chrétienté.

Tout dans la vie de More, comme dans celle de Socrate, s’ordonne autour d’une mort à laquelle l’un et l’autre auraient pu facilement échapper s’ils avaient attaché moins d’importance à la voix de leur conscience. Cette voix les incita à marcher vers la mort, incompris même de leurs proches. La mort du premier fut la condamnation du tribunal démocratique d’Athènes; la mort du second mit le protestantisme anglais naissant en contradiction avec lui-même.

Le premier et le plus grand des protestants anglais, ce fut en effet le catholique Thomas More. Celui qui poussa le plus loin le respect de sa conscience face au pouvoir spirituel du moment, ce fut le catholique Thomas More. L’homme le plus moderne de son temps, celui qui souhaita la plus haute et la plus libérale éducation pour les femmes, et qui l’offrit à ses propres filles, ce fut aussi le catholique Thomas More.

Né en 1478 d'un père avocat. Il étudie à l'université d'Oxford puis le droit à Lincoln's Inn. On le décrit comme un étudiant doué d'une énergie débordante et joyeuse. Il discourt en grec et en latin avec une grande aisance. Ses cours de droit sont très appreciés. Il est très influencé par Pic de la Mirandole, dont il écrit une vie.

Il rencontre Érasme en 1499. Celui-ci en a fait un portrait dythirambique. La grande amitié qui liait Thomas More et Érasme s’étendit jusqu’à un autre illustre ami d’Érasme, le peintre Hans Holbein. Même si l’on sait peu de choses des rapports personnels entre More et Holbein, on peut, et on doit présumer, qu’une grande admiration réciproque, sinon une vive amitié les unissait. C’est Holbein qui illustrera la première édition de L’Utopie.

Après de graves hésitations, il chosit la vie politique à celle de moine ou de prêtre. Il entre au parlement en 1504. Son premier mariage est célébré en 1505. Sa résistance aux levés de fond de Henri VII lui vaut son inimitié. Il est fait sous-sheriff de Londres et se remarie en 1511 après le décès de sa première femme.

Sa première grande oeuvre est Utopia (1516) qu'il écrit pendant une mission diplomatique dans les Flandres : c'est la description futuriste d'une société idéale. L'utopie, a fini par devenir un mot de la langue courante; et «utopique» se dit souvent d'un projet idéaliste dont la réalisation serait très souhaitable, mais qui est complètement irréaliste et impraticable. Dans le domaine de la théorie politique, les libéraux comme les socialistes attribuent à Thomas More la paternité de quelques-unes de leurs idées.

En 1518, il est officiellement au service de Henri VIII. Devient chancelier à la place de Wolsey. Combat le protestantisme. Mais il perd l'amitié du roi à cause de son soutien au pape qui ne veut pas annuler le mariage d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon. Il abandonne la chancellerie en 1532 pour désaccord de fond sur la question religieuse avec Henri VIII. De fait il n'accepte l'idée d'une séparation de l'église anglaise avec Rome.

Son refus de prêter serment du changement de constitution (1534) qui fait du roi le chef de l'église anglaise le conduit en prison. Son incarcération ne ralentit pas son activité intellectuelle, au contraire. Il signe traité sur traité (Traity concerning Passion, Dialog of Confort against Tribulation). Puis il est accusé d'hérésie au nom de cette mème constitution. Malgré une défense énergique, il est reconnu coupable et le 6 juillet 1535, Thomas More est conduit à l’échafaud et décapité après un séjour de quinze mois en prison dans la Tour de Londres.

Thomas More a été proclamé, en octobre 2000 par Jean-Paul Il, " patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques ".

Sources :

http://www.publius-historicus.com/more.html

http://agora.qc.ca/dossiers/Thomas_More

KEITH WATSON, "Sir Thomas More (1478-1535)", Perspectives, vol. XXIV, n° 1-2, 1994, p. 189)

JACQUES DUFRESNE, Thomas More, L'expérience de Dieu , Fides, Montréal 1999.

Rédigé par Historia Ecclesiae | Tagged saints

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